Vivre sans compter

La première fois, c’était à Aubenas, en Ardèche. Années 90. Un orchestre joue la symphonie des droits de l’homme que tu as composé.    

Puis tu arrives.

Fébrile, moi. Fébrile de cette première rencontre.

Généreux. Toi, généreux.

Pars ? Non, tu ne pars plus. Ça tombe bien, on n’a pas envie de partir non plus.

Il y a eu les rencontres en albums, avant et après ce premier concert. Champagne et caviar, illicite ??

Le 2eme rendez vous sur scène, pour moi, était encore en Ardèche, une petite quinzaine d’années après le premier.

Urgence. Urgence pour toi. En tout cas c’est ce qu’il te semble. Nous sommes en 2008. Tu sors des classeurs, nous livres des textes, non mis en musique. Tu tiens à nous les partager. Comme ça. Bruts. Les mots. Cadeau.

A la fin, bien après que tout le monde soit parti, on se rencontre.

Nous sommes 4. Une dizaine de minutes. On parle. A la fin, tu nous prends dans tes bras, un par un. Tout rayonne. L’humain est là, tout simplement, dans ce câlin, alertez les bébés.

Suivront encore plusieurs rencontres.

Je me souviens aussi d’une interview que j’ai réalisé pour Chansomania, ou Laurent Seroussi me racontes le travail réalisé quand il a produit la pochette de ton « Paradis païen » que j’adore.

2020, confinement.

L’INA propose une formule d’abonnement plutôt cool, alors je succombe aux sirènes de promesses de madeleines.

La première émission que je m’offre, c’est un portrait de toi. De mémoire, nous sommes au début des années 70. On y voit Arthur, tout petit.

Cet aprèm, je t’ai cherché.

Division 20, dans ce cimetière parmis les plus connus au monde. 

Savoir que tu t’es arrêté ici, pour longtemps, m’a rappelé, en une seconde, toutes ces rencontres. C’est juste ma vision, ces quelques rencontres, mais tu as eu quelques milliers de jours pour te retrouver à des milliers de kilomètres, pour embrasser, pour écrire, pour chanter, pour aimer, pour jouer, pour écouter, échanger,…. Pour vivre

Dans ce cimetière, j’y ai rencontré, il y a quelques années, en novembre, un douloureux moment. Un de ces moments où l’on accompagne, trop tôt, une âme amie.

Finalement, j’y ai retrouvé la vie. Tout se croise, car tout est là. Je vais remplir les jours, pour qu’ils comptent, tous.

Merci Jacques

sdr

1 commentaire sur “Vivre sans compter

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